Quelle différence entre un thérapeute, un coach et un mentor ?

Isabelle Deprez, 13 July 2016

Vous vous demandez peut-être vers qui vous tourner pour vous aider à résoudre un problème passager, chronique, personnel ou professionnel. Parfois, la recherche de la bonne personne auprès de qui s’adresser peut mener dans un labyrinthe, ou pire, dans une impasse. Alors comment faire pour non plus chercher mais trouver l’interlocuteur(trice) qui saura démêler les nœuds ? Mieux vaut savoir déjà quelles sont les différences entre les coachs, les thérapeutes et les mentors.

Un psychiatre, psychologue, psychanalyste, psychothérapeute pour se libérer du passé

Si chacun a sa spécificité, tous ont en commun de se pencher sur les antécédents psychologiques des émotions. Décortiquer le passé, encourager une sorte de régression vers la petite enfance, trouver des fils dans la vie personnelle sur lesquels tirer, c’est le cœur de métier du « psy ». En décelant l’origine des croyances, il va pouvoir aider son patient à revoir son projet de vie, à reprendre espoir, à stopper des systématismes toxiques. Car « en psychothérapie on préfère le choc qui nettoie au mensonge qui empoisonne », comme le dit si bien René Barjavel. Parfois en ayant recours à des médicaments pour calmer une dépression ou des émotions trop exacerbées. En fonction du problème rencontré, la personne qui ressent le besoin de consulter doit s’interroger sur la méthode la mieux adaptée pour son cas : psychiatrie s’il est question de troubles sérieux qui handicapent le quotidien, psychothérapie pour résoudre des problèmes de couple, de relation parent-enfant, relations de travail. Enfin, la psychanalyse porte sur un travail de longue haleine (entre cinq et dix ans). L’enjeu : que le patient se libère de processus inconscients profonds. Les approches sont nombreuses. Il convient donc de se pencher sur les différences avant de s’engager avec qui que ce soit.

Un coach pour dessiner l’avenir

De son côté, le coach, d’une manière générale, axe plutôt les entretiens avec son client sur les évolutions et les manifestations du potentiel. Contrairement aux thérapeutes, il ne fait ni diagnostic ni prescription d’aucun médicament. Résolument orienté vers la solution dans un esprit de co-création avec la personne coachée, il a le regard tourné vers le futur et les projets, le plus souvent professionnels. Grâce à un travail sur les croyances limitantes, il ou elle permet au client de prendre conscience de sa petite voix intérieure, souvent rabat-joie, qui le freine. En reprogrammant un mode de fonctionnement jusque-là automatique, sur la base de méthodes reconnues et avérées, le coach amène petit-à-petit son client à agrandir son champ de vision, à élever l’estime de soi, pour ensuite oser déployer ses ailes. Reste à choisir le bon coach pour soi. Parfois, il arrive que le coach estime que le client a besoin en parallèle d’un accompagnement thérapeutique, ou que le problème ne relève pas du tout de ses compétences. Nos professions ne s’opposent pas, elles sont au contraire complémentaires. Et on voit souvent naître une alliance fructueuse entre coach et thérapeute. Et il arrive qu’au milieu de tous les scenarii possibles, un mentor apparaisse, tel un guide, sur un chemin initiatique, qui mène le plus souvent à sa propre vérité. Je l’ai déjà évoqué dans un précédent billet : Un mentor, c’est quoi exactement ?

Voici les grandes lignes qui permettent d’y voir plus clair dans un champ des possibles large. Mais en guise de conclusion, j’ai envie de reprendre cette citation d’Albert Camus : « Notre tâche d’homme est de trouver les quelques formules qui apaiseront l’angoisse infinie des âmes libres. Nous avons à recoudre ce qui est déchiré, à rendre la justice imaginable dans un monde si évidemment injuste, le bonheur significatif pour des peuples empoisonnés par le malheur du siècle. Naturellement, c’est une tâche surhumaine. Mais on appelle surhumaines les tâches que les hommes mettent longtemps à accomplir, voilà tout ». Ainsi, coachs, thérapeutes, mentors, nous aspirons tous par ce choix professionnel engageant et engagé, à aider l’autre, chacun à notre manière, même si la tâche paraît surhumaine. Parce que la liberté d’être soi est sûrement la plus belle quête qui soit.